Le Qigong, art énergétique Chinois, qui s’inscrit dans les mêmes principes que la médecine traditionnelle chinoise, est une pratique millénaire qui fait à présent une partie de la MTC, trouve son origine dans le Taoïsme.

Depuis quelques années, une partie de la population chinoise (plus que 80 millions) redécouvre peu à peu les vertus conjuguées des préceptes taoïstes, confucianistes et bouddhistes qui formèrent la Chine éternelle. Le Qigong est aussi vieux que la Chine. Cette gymnastique millénaire a traversé le temps et les révolutions, fleurissant en centaines d’écoles, pour fournir au peuple chinois la moins coûteuse et la plus saine des médecines préventives.

La pratique du Qigong comme « sport national » n’y est sans doute pas étrangère : il n’est que d’observer tous ces vieillards alertes, pratiquant été comme hivers leurs exercices dans les parcs au petit matin, pour se convaincre de l’apport décisif de cette discipline dans la santé et la longévité.

En tant que gymnastique de santé, le Qigong est un véritable « trésor national » que le gouvernement chinois a toujours encouragé, tout comme il a encouragé le maintien de la médecine traditionnelle chinoise, se contentant d’en édulcorer les lointaines origines impériales. Rappelons tout d’abord que le Qigong n’est pas une simple gymnastique. Il touche aux différents niveaux de l’être humain (physique, énergétique, psychique), et exerce une influence naturelle sur le comportement et la spiritualité de l’individu.

La « sainte trinité » des qualités morales, à savoir :

  • L’authenticité ou véracité
Zhēn
  • La bienveillance 
Shàn
  • Examen des teints  
Rěn

Elle représentent respectivement les trois vertus cardinales du taoïsme et du confucianisme. 

Le Qigong s’est développée comme une traînée de poudre en Chine, puis par la diaspora chinoise dans une quarantaine de pays en quelques années seulement.

Le mot Qigong se compose de deux parties. Qi – l’énergie et  Gong – travaux dépensés pour créer un flux puissant de Qi, et nécessite un investissement important de temps et d’efforts.

Histoire de Qigong en Chine a plus de 2000 ans. Il existe de nombreuses méthodes de Qigong. Seulement écrit plusieurs milliers enregistrés. Chine est actuellement utilisée par environ deux cent cinquante techniques. Chacun d’entre eux appartiennent à des écoles différentes: taoïste, confucéenne, bouddhiste, médical et des arts martiaux.

Qi Gong, discipline à part entière de la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), est l’art de se maintenir le plus longtemps possible en bonne santé. Si le terme « Qi » désigne « l’énergie vitale », celui de « Gong » est classiquement traduit par « travail » – travaux dépensés pour créer un flux puissant de Qi, et nécessite un investissement important de temps et d’efforts.

En réalité, il s’agit de cultiver une certaine aptitude à développer notre énergie vitale, et s’il est indispensable d’exercer son corps, il est encore plus précieux d’exercer son esprit à une véritable philosophie de la vie.

Sa pratique se fonde sur trois principes :    

  • Le contrôle du mouvement, naturel, lent et détendu.
  • Le contrôle de la respiration, lente et synchrone avec le geste.
  • Le contrôle de la pensée, qui dirige le Qi, le souffle, à l’intérieur du corps.

La pratique régulière du Qi Gong :

  • est le gage d’une stabilité émotionnelle et d’une vision positive de la vie.
  • permet d’explorer les multiples possibilités du corps, de la force physique à la subtilité des perceptions sensorielles en passant par la fluidité et la coordination du mouvement.
  • aide à comprendre les 5 énergies présentes chez l’Homme :

Énergie Originelle

Yuán Qì 元 气

Énergie Fondamentale

Zōng Qì 宗 气

Énergie Véritable

Zhèng Qì 正 气

Énergie Nourricière

Yíng Qì 营 气

Énergie Défensive

Wèi Qì 卫 气

Il existe 5 écoles de Qigong

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École Taoïste

Prêche le non-agir Wú Wéi 无 为. Elle a pour but d’accroître la longévité et de vivre en harmonie avec la nature. Lao Zi aurait vécu au 6ème Siècle av. J.-C, est considéré comme l’auteur du Dao De Jing. Il est dit qu’il rencontra Confucius (552-479 av. J-C.), et même un dialogue est repris par Sīmǎ Qiān 司 马 迁,  le premier historien de la Chine, vers l’an 100 av. J-C. Son livre demeure un des plus traduits de la littérature chinoise.

« En faisant que t’on âme spirituelle et âme corporelle embrassent l’unité, peux-tu ne jamais quitter ton unité ? En concentrant ton énergie et en atteignant à la souplesse, peux-tu devenir un nouveau-né? »

Telle est, avec le Nei Jing, les références les plus anciennes que l’on ait de la connaissance et de la pratique des Taoïstes sur les exercices physiques. Depuis cette origine, de nombreux maîtres se succédèrent, comme le fameux Zhuang Zi 庄 子 qui écrit dans son  « Nan Hua Zhen Jing » 南 华 真 经 300 ans av. J.-C., que « l’homme véritable respire jusqu’aux talons ».

Le Taoïsme s’appuie sur une physiologie énergétique, sur l’existence de la circulation du Qi et du sang, sur le fonctionnement des cinq organes et des six entrailles en accord avec les théories cosmogoniques des cinq éléments et des six énergies.

Les exercices physiques font partie de l’art préventif pour garder le corps en bonne santé. Leur développement médical devint le Qigong thérapeutique pour se soigner soi-même et renforcer la vigueur de l’organisme, et devint une discipline à part entière de la médecine chinoise, aux côtés de l’acupuncture, des moxas, de la pharmacopée, de la diététique, des massages et manipulations Dao Yin et An Mo dont ils sont déjà partie intégrante.

Mais de façon intrinsèque, les exercices sont pratiqués dans le but de raffiner les énergies du corps pour accéder aux états mentaux supérieurs de la spiritualité et à la connaissance transcendante par la vision intérieure intuitive.

Cette opération volontaire est appelée alchimie. Les Chinois sont d’ailleurs les inventeurs de l’alchimie. L’alchimie des métaux importée plus tard en Occident par les Arabes était considérée par eux comme l’alchimie externe: Wai Dan, par opposition à cette alchimie interne: Nei Dan des exercices physiques et spirituels.

Dans cette alchimie, les trois trésors du corps sont le Jing, le Qi et le Shen. Le Jing, l’essence séminale, devait être transformé en Qi dans le chaudron du bas, le Dan Tian, le foyer inférieur, centre sous l’ombilic. De là, il devait être conduit par la concentration au « réchauffeur moyen » correspondant au plexus solaire, ou bien au thorax, au deuxième chaudron.

La puissance du Jing transmuté en Qi devait ainsi rendre l’adepte capable de sublimer cette énergie en Shen, c’est-à-dire en principe spirituel, au niveau du troisième œil, le troisième chaudron.

Ces trois niveaux portent le nom de champs de cinabre, terme ancien de l’alchimie interne dans l’alchimie externe.

Ces étapes de transmutation alchimique s’appuient sur la maîtrise de la respiration ajoutée à la prise de conscience et à la sensation physique du Qi, de l’énergie qui circule dans les méridiens et à l’intérieur du corps.

Le travail pouvait s’accomplir dans différentes postures : couché, assis, debout.

Ces techniques originelles du Taoïsme sont restées vivantes tout en subissant des variantes et des perfectionnements au cours des siècles. Ces méthodes, toujours pratiquées aujourd’hui, sont le joyau du Qigong, son utilisation la plus subtile.

« Pour préparer son esprit à l’exercice de la respiration, il faut être dans une pièce tranquille, fermer la porte et se préparer un matelas chaud avec un oreiller d’environ deux pouces et demi d’épaisseur, s’allonger sur le dos bien à plat, fermer les yeux puis respirer profondément par le diaphragme de telle sorte qu’une plume posée devant les narines ne bouge pas. Respirer ainsi 300 fois jusqu’à ce que les oreilles ne perçoivent plus un son, les yeux ne voient plus rien, et plus aucune pensée ne vienne à l’esprit. ».

On doit aussi à Dr Sun Simiao la mise au point des Six Sons Thérapeutiques Liù Zì Jué 六 字 诀, technique associant une gestuelle du corps à un son particulier pour chacun des principaux organes.

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École Confucianiste

Créée par Confucius au 6ème siècle avant notre ère et développée par Meng Zi, son disciple  au 4ème siècle avant notre ère. Pour Confucius, la pratique du Qi Gong se résume au vieux précepte : « un esprit sain dans un corps sain ».

Cette école se caractérise par cinq directions de travail Wǔcháng 五常:

  • Rén
Bienveillance
Justice
Rite approprié
  • Zhì
Connaissance
  • Xìn
Intégrité

Parallèlement au Taoïsme, et lui faisant beaucoup d’emprunts, un autre courant culturel initié par Confucius, influença la pratique du Qigong.

Erigée en lois et principes de morale, la doctrine philosophique de Confucius, distincte de toute religion ou métaphysique, influença les rapports et les règles de la société chinoise à partir des Royaumes  Combattants, et reste vivante encore dans les mœurs chinoises à travers leur héritage culturel.

Confucius (551-479 av. J.-C.) avait assisté à la période décadente qui précédait les Royaumes Combattants dans la fin des Han, alors que l’empire féodal de l’époque s’effondrait. De là naquirent son désir de réformes et son œuvre. Son travail et ses idées furent recueillis par Mencius (374-289 av. J.-C.).

L’opinion de Confucius sur le Qigong et les exercices physiques n’est pas très éloignée de celle de Juvénal à qui l’on doit en Occident la formule : 

« Mens sana in corpore sano »

Le sage approuvait la pratique des exercices physiques car ceux-ci pouvaient à la fois augmenter la vigueur, former le caractère, fortifier les bons penchants, éliminer les mauvaises tendances de l’individu et lui donner la notion de loyauté.

Le confucianisme enseigne que le corps donné par les parents doit retourner « net et entier » dans le domaine respecté de la mort. Le Qigong de cette doctrine insiste sur la maîtrise de la pensée, la sincérité, la force morale.

Malgré cette présentation dogmatiquement moraliste, le but visé dans la pratique n’est pas si éloigné de celui des Taoïstes de faire naître l’équilibre, au-dessus des passions:

« Pendant qu’il n’y a pas de perturbations de la volonté, de colère, de tristesse ou de joie, on dit que l’esprit est en état d’équilibre. Cet équilibre est la racine à partir de laquelle vont naître tous les actes des êtres humains dans le monde ».

Ce que les Taoïstes ont laissé en flou, les Confucianistes l’ont réglé pour aider les gens de niveau moyen à se conformer et à progresser. Ainsi la civilisation chinoise a bénéficié d’une influence culturelle ambiguë, entre la loi tracée d’avance comme discipline à suivre sans discuter, et la loi tirée de l’inspiration, de la spontanéité du moment, éveillé à ce qui est.

Dans la pratique d’une conduite juste, à côté de l’esprit, une place de choix est réservée au Qi, à l’énergie. Mencius, disciple de Confucius, dans la première partie du livre Il exprime :

« L’esprit c’est le commandant du Qi, et le Qi c’est ce dont le corps est rempli. L’esprit détient l’autorité suprême, et le Qi vient tout de suite après. Aussi faut-il toujours tenir son esprit et s’abstenir de dépenser son Qi improprement. ».

École Bouddhiste

  • L’enseignement repose sur l’entraînement et la libération mentale.
  • l’école Chan (Zen en japonais), qui vise la purification de l’individu.
  • l’école Samadhi qui dit que « tout n’est qu’illusion »
  • « Les rituels peuvent vous amener à un état de conscience modifié » – Sri Bhagavan

L’influence du bouddhisme s’est exercée sur la Chine à travers 8 siècles d’échanges entre Indiens et Chinois. Le bouddhisme a influencé en partie l’art, la religion, la philosophie, les pratiques spirituelles, les pratiques physiques, y compris les arts martiaux.

 

L’histoire attribue une grande importance au moine bouddhiste Boddhidharma, Da Mo en chinois, qui a implanté le Dhyana, qui signifie en sanscrit méditation et qui en chinois donna le mot Chan, désignant un courant de pensée qui synthétisa plus tard les influences bouddhistes et taoïstes. Le Chan est à l’origine du mot Zen et de la prolongation de ce courant au Japon.

 

Da Mo, petit prince du sud de l’Inde, naquit vers 483 et fut invité par l’empereur de Chine, comme bien d’autres moines indiens de l’époque, à venir prêcher la doctrine. C’est en 526 ou 527, sous le règne de l’empereur Liang Wu de la dynastie des Liang, que Da Mo arriva et fut présenté à l’empereur qui n’aima pas sa doctrine. Da Mo partit alors se réfugier dans le monastère de Sōng Shān Shàolínsì 嵩 山 少 林 寺, construit et ouvert en 377 et situé dans la province du Henan, de la montagne Song.

 

De cette époque naquit une tradition martiale chez les moines de Shaolin qui connut un grand développement. L’histoire raconte que Da Mo constata l’état de faiblesse physique dans laquelle étaient les moines, et il est dit que le maître se retira 9 ans dans une grotte pour méditer. Lorsqu’il sortit de sa retraite, il avait écrit deux livres dont un seul a été conservé, le Yi Jin Jing, «traité pour exercer les muscles».

 

L’autre livre, le Xǐ Suǐ Jīng 洗 髓 经, «traité du lavage des moelles» n’a pas subsisté, mais la technique de Qigong qui porte ce nom existe toujours. Le Yi Jin Jing est devenu un enchaînement classique de 12 exercices de Qigong qui longtemps resta secret. Il subit au cours du temps des modifications. 

 

La plus célèbre de ces modifications est celle créée par le général Yuè Fēi 岳 飞 qui vécut sous la dynastie des Song (1104-1142). Dans le même but d’entraîner ses soldats qu’il trouvait physiquement faibles, il composa le Shi Er Duan Jin: les «12 pièces de brocart», à partir des exercices de Da Mo. Ces « 12 pièces de brocart » sont toujours pratiquées, de même que leur modification tardive en Ba Duan Jin: les «8 pièces de brocart».

 

Yang Jiu Ming mentionne que c’est à partir des « 12 pièces de brocart » que sont issus deux styles classiques d’arts martiaux: le Xing Yi et le Liu He Ba Fa.

 

Sous l’impulsion de Da Mo du temple Shaolin, les moines pratiquèrent les exercices de «Yi Jin Jing» qui, dans leur forme moderne, sont encore aujourd’hui très populaires en Chine.

 

A partir de cette époque, les moines devinrent robustes et développèrent sur place une forme d’art martial inspirée de 5 animaux. Ces animaux, différents de ceux de Hua Tuo malgré quelques ressemblances et points communs sont: le tigre, le léopard, le dragon, le serpent, la grue. Ils deviennent plus tard des emblèmes désignant 5 styles de Wushu, d’arts martiaux.

 

École Médicinale

Son but est de renforcer la santé, et éventuellement de soigner des maladies. En Chine, le Qigong Médical est le fondement de la Médecine Chinoise. Les prises de conscience et les mouvements corporels appliqués aident à conserver une santé optimale. Des stagnations d’énergie sont souvent la cause de maladies ou de troubles émotionnels.

Le Qigong médical est basé sur la connaissance des relations « méridiens-organes » en vue de soigner des pathologies et d’entretenir la santé. Dans ce cas, des séries d’exercices spécifiques sont prescrites aux patients dans les services hospitaliers.

École des Arts Martiaux

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vise au maintien et à l’amélioration de la santé puis éventuellement d’utiliser cette vigueur dans le combat.

Les techniques de gymnastique énergétique du Qi gong étaient utilisées dans le but de prévention, pour aider les moines, comme les laïcs, à conserver et améliorer leur santé, pour tonifier le corps et le rendre robuste, pour ralentir le vieillissement, pour développer leur longévité, pour les ouvrir aux techniques spirituelles, mais aussi pour les aider à protéger leur vie contre les nombreux dangers qui guettaient les pèlerins, les contemplatifs et les simples quidams en ces époques troublées de la Chine ancienne. Donc, par la force des circonstances, les arts martiaux se sont développés, mais dans un milieu originelle plus souvent religieux ou spiritualiste. Ceci explique pourquoi ils ont pris un sens, une finalité qui a progressivement recouvert tous les objectifs à la fois: prévention et souplesse, tonification et robustesse, longévité et spiritualités.

Telle est la forme particulière que prit le Qigong orienté vers le combat et la défense.

 Il existe deux façons d’aborder l’étude des arts martiaux chinois dépendant de leurs styles ou de leur origine. La première distingue la forme Wài Dān 外 丹, alchimie externe, de Nèi Dān 内 丹, alchimie interne. Cette même distinction sert à classer les deux styles de Qigong.

Jouant sur les mots, les Chinois ont employé le terme Wài Dān, alchimie externe, qui désigne habituellement l’alchimie des métaux, pour désigner le style d’exercices développant la maîtrise externe du corps: muscles, force, rapidité des mouvements, dont le but défensif et offensif est évident. Ils ont donc réservé le terme Nei Dan, alchimie interne, aux pratiques physiques plus spirituelles.

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